A.E.D. : UN MODÈLE INSPIRANT

A.E.D. est un modèle d’intervention globale, auprès de d’enfants en difficulté de 0-12 ans, en milieu appauvri. Il permet de rendre un service à des enfants et des familles exclu qui ne trouvent ce type de service dans les systèmes en place. A.E.D. ne remplace aucun service dans les systèmes en place. A.E.D. ne remplace aucun service, il est lui-même un service essentiel et complémentaire. Il occupe un espace accessible dans le quartier et possède des locaux suffisants et agréables, pour offrir une gamme de services adaptés aux besoins de la clientèle.

Le volet clinique A.P.C.A.

Les enfants référés par diverses sources du milieu et sont accueillis avec leurs familles dans un mode intime et chaleureux.
Une évaluation globale de l’état de santé de l’enfant et de la situation familiale est faite « en famille » et avec respect et compassion, par l’équipe clinique (pédiatre, infirmière). Les besoins et les forces sont évalués et un plan de prise en charge et de suivi est dressé avec la famille, selon les indications fournies.
Un plan d’interventions intégrées est mis en place. Plus spécifiquement, le volet médical et psycho-social comprend le diagnostic, des thérapies, des prescriptions de médicaments, de la surveillance, des références, des activités de stimulation précoce (18 mois – 4 ans), de l’aide thérapeutique traditionnelle ou complémentaire (médecin, infirmière, psycho-éducatrice, art-thérapeute, réseau associé). Toutes les activités cliniques sont faites selon l’art de soigner, dans une perspective de renforcement de l’individu et de la famille et selon un processus de l’approche globale et participative.

Le volet soutien global

Le volet global est complémentaire et en lien avec le volet clinique. Il offre des activités diverses, de nature à soutenir la santé globale de l’enfant et pour lui donner les outils nécessaires à son développement, en complémentarité avec la famille. Il offre des accompagnements, du modeling, du guidage, du renforcement, de l’aide aux devoirs, des sorties de groupe, du soutien alimentaire, des repas en famille, des rencontres de parents, du parrainage, du répit (éducateurs, animateurs, bénévoles).

Le volet promotion

Les membres de l’équipe A.E.D. comme témoins et acteurs auprès de grandes souffrances d’enfants, doivent se préoccuper de servir de relais pour les familles exclues non seulement auprès des décideurs et des politiciens, mais aussi auprès du grand public.
Une partie de la mission de A.E.D. concerne donc la promotion des droits des enfants, le dévoilement de situations intolérables et la recherche de solutions locales pour contrer les effets de la pauvreté et de l’exclusion des enfants. La réplication du modèle A.E.D. fait l’objet de promotion.

Le volet formation, recherche et développement

Pour assurer la continuité, l’amélioration et la multiplication de A.E.D., il faut développer un réseau de médecine sociale capable de prendre la relève et de se mobiliser auprès des populations exclues. Un projet de pédiatrie sociale et une équipe de médecins sociaux doivent se développer, à l’image de modèles tels que Médecins sans frontières ou Médecins aux pieds nus, et ce dans les plus brefs délais.
Un projet de stage en pédiatrie sociale est déjà en place avec l’Université McGill et un lien existe entre A.E.D. (Dr Julien) et une organisation internationale de pédiatrie sociale, ESSOP European Society for Social Pediatric. Le développement se fera à partir de ces deux expériences et nécessitera un investissement important d’énergie.
Au plan recherche, un mécanisme continu d’évaluation du fonctionnement et des impacts, sera mis sur pied en cours d’année.
Enfin, A.E.D. servira de base et d’appui au développement de nouveaux projets semblables dans d’autres milieux appauvris.

Les critères de réplication du modèle A.E.D.

Le modèle d’approche A.E.D. peut et doit se multiplier pour donner aux jeunes en difficulté accès à des services adéquats dans leurs milieux. Des intérêts existent, des demandes sont faites, des projets semblables se mettent en place. Pour répondre au besoin et à la demande, il fallait d’abord consolider le modèle de base et établir les conditions requises pour développer des projets utiles et viables dans les autres milieux.

Les principes et la philosophie sont importants et représentent la pierre angulaire du projet :

- La base du respect des personnes, de leurs besoins et de leurs valeurs est essentielle ;

- L’accueil facile, ouvert, compréhensif est une condition importante ;

- La compétence, la fiabilité, l’éthique et l’ouverture des intervenants sont essentielles ;

- La croyance aux compétences des enfants, des parents et des familles, quelque soit leur milieu ou leurs conditions de vie est fondamentale ; en fait l’approche positive A.P.C.A..


Le projet s’adresse prioritairement aux milieux défavorisés. Il développe une approche commu-nautaire en misant sur les différents réseaux des personnes et du milieu. Les aspects suivants sont des prérequis dans toute démarche visant à implanter un projet de cette nature dans les milieux :

- Une bonne connaissance et une analyse du milieu ciblé ;

- Un apprivoisement du milieu et des personnes qui y vivent ;

- Le contact et le lien avec les organismes communautaires et les établissements de santé des services sociaux et scolaires du milieu ;

- Un lieu physique accessible pour l’accueil et les services ;

- Une gamme de services de base au plan clinique et en terme de moyens de soutien ;

- Une bonne crédibilité de départ ;

- La définition d’un mécanisme de continuité et de suivi avec les enfants du projet ;

- La recherche et la création d’un réseau local d’appui aux services offerts par A.E.D. ;

- L’appui des décideurs locaux ;

- La mise sur pied d’une équipe de référants fiables et d’adhérents aux principes d’intervention de A.E.D. : (médecine complémentaire, spécialités médicales, travailleurs sociaux, éducateurs, spécialistes en milieu scolaire, etc.) ;

- La création d’une équipe de bénévoles.

L’équipe de base, telle que dans le projet initial, composée d’un pédiatre social et d’une infirmière communautaire, s’avère un choix gagnant. La crédibilité d’un médecin et d’une infirmière est déjà acquise dans la plupart des milieux. La capacité d’offrir des services de santé complets et globaux est alléchante pour les familles. On peut s’y faire soigner le corps et l’esprit dans un mode complémentaire et souvent par les mêmes personnes ou leurs associés. Les secrets sont livrés une seule fois, à ces personnes seulement, et on est sûr qu’ils seront bien gardés.

Encore faut-il que les personnes qui composent l’équipe de base soient bien formées et capables de gérer globalement et efficacement les difficultés multiples des enfants et les nombreuses causes de leurs problèmes de santé, sans trop les diviser. Un séjour de formation et un encadrement par l’équipe A.E.D. Hochelaga Maisonneuve, ainsi qu’une formation sur mesure, sont de nature à assurer ces compétences.

Prérequis pour le médecin social

- Une formation en pédiatrie ou en médecine familiale ;

- Une maîtrise de l’approche systématique de la santé ;

- Une connaissance pratique du développement global de l’enfant ;

- Une connaissance et une expérience de la gestion et du traitement des troubles psycho-pathologiques, des difficultés d’apprentissage scolaire, des problèmes d’adaptation, des séquelles d’expériences traumatiques ;

- Des notions d’interventions psycho-dynamiques, trans-culturelles et trans-générationelles ;

- Des connaissances et une ouverture sur les médecines complémentaires et alternatives ;

- Une connaissance de l’approche milieu et une capacité de travailler en réseau et en inter- disciplinaire ;

- La capacité d’exercer un leadership dans la communauté locale ;

- La volonté de jouer un rôle social et politique pour les enfants.

Prérequis pour l’infirmière communautaire

- Un certificat en santé communautaire ;

- Une maîtrise de l’approche systématique de la santé ;

- Une connaissance pratique du développement de l’enfant ;

- Une bonne connaissance du réseau communautaire et institutionnel ;

- Un excellent sens de l’organisation ;

- La capacité de faire une analyse sociale ;

- Des habiletés pour le travail d’équipe et l’inter-relation ;

- Une autonomie de fonctionnement dans le domaine clinique ;

- De la polyvalence et un sens d’initiative ;

- Une grande capacité d’écoute et d’empathie ;

- Une combinaison de souplesse et de rigueur ;

- La capacité de prendre des décisions rapides ;

- L’habileté de gérer les stress et les risques ;

- L’aptitude à prendre du recul.

En conclusion nous pouvons affirmer que pour une garantie de succès, le médecin et l’infirmière ne doivent pas être seuls à assumer toutes les fonctions nécessaires au bon fonctionnement de A.E.D., comme ce fut le cas dans le projet initial, dans le quartier Hochelaga Maisonneuve. Pour compléter l’équipe de base, on doit ajouter un responsable administratif, un éducateur / animateur une psycho-éducatrice et une responsable de l’accueil.

- Le responsable administratif, est chargé de toutes les tâches non cliniques, de nature à supporter l’action des intervenants ;

- L’éducateur est responsable de toute l’organisation du soutien des enfants en lien avec un plan mis sur pied par le médecin et l’infirmière. Il peut être accompagné d’une autre personne pour l’animation de toutes les activités des enfants.

- La psycho-éducatrice s’occupe de la stimulation du développement global des tout-petits, avec une aide éducatrice.

- La préposée à l’accueil est chargée du secrétariat et de l’accueil des familles. Elle répond au téléphone et s’occupe aussi de la correspondance de l’organisme.

Quelques balises proposées pour l'implantation de nouveaux modèles A.E.D. dans d'autres quartiers:

- L'implication du médecin et de l'infirmière (fondateurs de l'organisme de base A.E.D.) pour accompagner les nouveaux projets, est fondamentale, tant pour aider à l'implantation que pour participer à la formation des personnes ressources;

- La compétence et la crédibilité des intervenants engagés dans le processus d'implantation. Il faut définir le curriculum de formation du médecin social et de l'infirmière communautaire tel que défini. La formation complète souhaitée, n'existe pas actuellement. Il faut la définir. Déjà un projet de formation en pédiatrie sociale mis sur pied par le Dr. Julien, fonctionne partiellement avec l'Université McGill. Il faudra le consolider;

- L'acceptation par le milieu d'un nouveau partenaire. Cette formalité n'est pas évidente, ni pour les groupes communautaires déjà en place, ni pour les institutions officielles (CLSC, écoles, hôpitaux, centres jeunesse). Le type de pratique intégré et proximal prôné par A.E.D.. doit être bien positionné dans le milieu et assurer par des partenariats négociés pour bien fonctionner. La stratégie de l'implantation doit être bien penser pour éviter toute menace et toute ambiguïté;

- Le financement complet et durable du modèle idéal. C'est une condition essentielle pour commencer de nouveaux projets, pour éviter de soustraire des efforts à l'implantation gagnante, pour diminuer la menace pour les autres organismes existants de se faire chiper des subventions et pour mettre l'accent sur la qualité de service;

- Le maintien de la motivation et de la mobilisation des promoteurs et des intervenants. Le projet de base A.E.D. dans Hochelaga Maisonneuve, s'est construit de longue date grâce aux années d'expérience dans le milieu des deux fondateurs. Dans le cas de l'implantation de nouveaux projets, il faut sauter des étapes et bien le faire. La motivation doit être de longue haleine, la flamme doit persister et envahir l'entourage pour mobiliser un maximum de ressources locales. Le défi est de taille, mais le recrutement de personnes clé dans le milieu permettra de réaliser cette étape de façon efficace.

Un projet d'une telle envergure se doit de s'appuyer sur un projet d'évaluation et une mesure continue des impacts pour assurer sa survie et sa crédibilité. Les impacts positifs se vérifient à chaque jour, mais encore faudra-t-il les compiler et les mesurer objectivement.

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